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À Lomé, quand se nourrir devient chaque jour un défi

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À Lomé, la faim ne fait pas toujours de bruit. Elle ne se voit pas forcément dans les rues, mais elle s’installe progressivement dans certains foyers. Pour de nombreuses familles, le repas quotidien devient une équation difficile à résoudre : que manger aujourd’hui, avec combien d’argent, et comment tenir jusqu’à demain ?

Dans les marchés et les quartiers de la capitale, le constat est humain avant d’être économique. Des parents réduisent leurs dépenses, certains renoncent à certains aliments, tandis que d’autres diminuent simplement les quantités dans les assiettes. Derrière chaque panier de provisions, il y a désormais un calcul : le prix du maïs, du riz, de l’huile, des légumes, du poisson ou encore de la viande.

Pourtant, la situation nationale est plus nuancée que l’image d’une famine généralisée. Selon la FAO, la production céréalière de 2025 était supérieure à la moyenne et les prix du maïs et du riz avaient baissé ou étaient restés stables au premier semestre 2026. Mais dans le même temps, environ 332 000 personnes étaient estimées en situation d’insécurité alimentaire aiguë sévère pendant la période de soudure de juin à août.

Lomé occupe une place particulière dans cette équation. La capitale dépend fortement des marchés pour son approvisionnement alimentaire. FEWS NET souligne que les zones urbaines et côtières, notamment Lomé et la région Maritime, connaissent des déficits alimentaires structurels et une forte dépendance aux marchés.

Cela signifie qu’une famille qui ne dispose pas d’un revenu régulier est directement exposée aux variations des prix. Quand les revenus stagnent mais que les dépenses augmentent, le premier sacrifice se fait souvent dans l’assiette.

Une faim parfois silencieuse

La réalité de la faim à Lomé ne se résume donc pas à l’absence totale de nourriture. Elle peut aussi prendre la forme d’un repas supprimé, d’un aliment devenu inaccessible ou d’une mère qui préfère servir ses enfants avant de penser à elle.

C’est cette dimension humaine qu’il faut regarder.

Car derrière les statistiques, il y a des travailleurs qui partent tôt le matin sans savoir ce qu’ils rapporteront le soir. Il y a des étudiants qui doivent choisir entre manger et payer le transport. Il y a des familles qui font durer une petite quantité de nourriture pour plusieurs personnes.

La question n’est donc pas seulement de savoir si les marchés sont approvisionnés. Elle est aussi de savoir qui peut réellement acheter ce qui s’y trouve.

Une situation à surveiller

Les organisations spécialisées rappellent par ailleurs que la situation alimentaire au Togo n’est pas uniforme. Les difficultés les plus importantes sont notamment signalées dans certaines zones du nord, où l’insécurité perturbe les activités agricoles, les déplacements et l’accès aux marchés.

À Lomé, le problème se présente autrement : une grande partie de la population dépend du revenu quotidien et du marché pour se nourrir. La moindre pression sur le pouvoir d’achat peut donc avoir des conséquences directes sur les ménages les plus fragiles.

La faim n’est pas toujours spectaculaire. Elle peut être discrète, silencieuse, presque invisible. Mais lorsqu’une famille commence à supprimer un repas, à réduire les portions ou à abandonner certains aliments parce qu’ils sont devenus trop chers, c’est déjà un signal qui mérite d’être entendu.

À Lomé, derrière l’agitation des rues et le mouvement des marchés, une question demeure : comment garantir que chaque famille puisse se nourrir dignement, et pas seulement trouver de la nourriture sur les étals ?

Car avoir de la nourriture sur un marché ne signifie pas nécessairement avoir les moyens de la mettre dans son assiette.

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